Cette année, le cinéma indien se voit accorder une place d'honneur ; en dehors des spectacles et des conférences, un digne représentant a été invité. C'est dans ce contexte que Fantastikasia a assisté à la conférence de presse organisée pour Amitabh Bachchan.
Si la brève biographie de l'acteur qui figurait sur l'invitation laisse deviner son importance (« le plus célèbre des acteurs indiens depuis plusieurs décennies », « sa popularité dépasse de loin celle de n'importe quel autre acteur dans le monde », etc.), la simplicité de la salle de conférence est quasi insolite. Dans un esprit sobre mais chic, quelques sièges rouges contrastent avec les murs noirs. Un petit mot sur la bande son de faux oiseaux criards, installés dans un stand tout proche, qui est venue troubler à plusieurs reprises le calme ambiant.
Dans la salle, plus les minutes défilent, plus les journalistes s'agitent : il faut vite choisir la meilleure place, régler les appareils, brancher, recharger,... Après quelques minutes interminables, M. Bachchan entre, salué également par des applaudissements et des flashs. Les descriptions que nous avons tous lues ici ou là s'avèrent exactes. Oui, Big B est grand et charismatique.
Pas de chichi, il s'installe sur l'une des deux chaises qui encerclent une petite table ronde, où sont posées deux bouteilles d'eau accompagnées de deux verres. Le tout est savamment disposé sous une affiche du Salon du cinéma. Le traducteur s'installe face à lui, le temps que des micros (inefficaces) leur soient posés. Avec le succès qui est le sien, je m'attendais à un Amitabh Bachchan souriant et à l'aise, limite en « show » devant tant de journalistes, mais ce n'est pas l'impression qu'il m'a donnée pendant la conférence. Très vite, il choisit la posture qu'il gardera jusqu'à la fin. Assis droit sur sa chaise, les mains croisées, le regard davantage dirigé vers les personnes que vers les caméras et autres appareils photos. Je précise que malgré l'apparente froideur du début, il s'est laissé aller à faire quelques plaisanteries polies et a répondu aux questions avec un tact et une courtoisie exemplaires.
Un verre d'eau pour se désaltérer et c'est parti, les questions fusent. Elles sont posées en français, anglais et même hindi. Toutes passent par le traducteur, qui assure le lien entre la star et les journalistes. Parmi les questions posées, on lui demande s'il accepterait de jouer un rôle d'« angry man », comme autrefois, ce à quoi il répond qu'il suffit de lui proposer un bon scénario. Le dernier film français qu'il a regardé ? La marche de l'empereur (il a rencontré le réalisateur Luc Jaquet l'an dernier à Paris). Quant à la probabilité qu'il se mette lui-même à réaliser des films, à l'instar de Clint Eastwood, elle est nulle. Amitabh laisse sa place à chacun, et apparemment il souhaite rester acteur, avec les défis que cela sous-tend. En outre, lorsqu'on l'interroge sur la capacité des films indiens à s'exporter, du fait des thèmes, de leur longueur et autres « tares », il estime, en français s'il vous plaît, que « vive les différences ! ». Si tous les cinémas avaient la même saveur, où serait le charme ? Pas de questions people, seulement un remerciement d'une journaliste adressé à Aishwarya Rai - Bachchan pour son film « Provoked ». D'autres questions ont été posées, et des vidéos ont été tournées, vous les trouverez certainement sur la toile. Avec le recul, je lui aurais bien demandé ce qu'il pense de participer à sa biographie, version film, tel Ray Charles avec le film « Ray ». Je verrais bien Abishek dans le rôle du jeune Amitabh.
Dans un coin de la salle, Martine Armand, que nous avons rencontrée il y a quelques années dans le cadre de l'Été indien (musée Guimet), fait signe au traducteur. L'heure tourne, il faut se dépêcher. M. Bachchan a un emploi du temps chronométré. À la fin de la séance, c'est la bousculade pour l'approcher, prendre de bons clichés et lui soutirer quelques mots, voire un autographe. Amitabh est resté très accessible avec tous. Pour ma part je vous dirais que Big B a une sacrée poigne ! Digne d'un grand dirigeant ! Ou tout simplement digne de celui qui est adulé par plus d'un milliard de personnes dans le monde.
Texte et photos d'Eulika.


